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Après de longs mois d’absence, crise sanitaire mettant beaucoup de psychologues sur le front au chevet des malades et des équipes soignantes, me revoilà aujourd’hui pour vous proposer un article sur un sujet qui je pense, pourrait faire écho chez beaucoup d’entres nous : la famille, ou plus particulièrement le poids des injonctions familiales.

Pour ce faire, je vais tâcher de vous faire découvrir, toujours par l’intermédiaire d’un comics, une branche de la psychologie s’intéressant aux transmissions transgénérationnelles (entendez la façon dont certaines missions, rôles, places nous sont transmises voire ordonnées par nos aînés). Bienvenue dans la psychogénéalogie. Pour finir cette petite introduction, j’aimerais faire un dernier petit rappel au vue des attaques que peut subir mon travail et celui de nombreux psychologues se voulant intégratifs (c’est à dire utilisant plusieurs courants de pensées et se refusant à endosser une étiquette, plaçant ainsi les besoins de l’usager au coeur de leur prise en charge) : le but ici est de vulgariser la psychologie, c’est à dire de la rendre à porter de tous afin que cela puisse vous être utile, vous amenez à réfléchir et non à faire une démonstration de savoirs. Car la psychologie sert l’humain et non l’égo. Merci donc de respecter ce travail et de ne pas en tirer de conclusions sur ma pratique auprès de mes clients. 

 Aster - le garçon sorcière 

Aster a 13 ans. Il vit dans une communauté assez atypique puisque toutes les filles sont vouées à devenir des sorcières, et les garçons, des métamorphes. Seulement Aster est fasciné depuis tout petit par la magie. Il ne se retrouve pas dans les traditionnels jeux de chasse des garçons de son âge, tous excités à l’idée de bientôt devenir des guerriers métamorphes protégeant le village. Lui ce qu’il veut, c’est apprendre la science des décoctions de plantes et réciter des formules magiques. Seulement c’est interdit. Ce n’est pas ce que l’on attend de lui, et son attrait pour les « affaires de filles » est dérangeant pour les siens. Car la tradition est formelle, à chacun son rôle. Pourquoi ? Mais parce que c’est comme ça depuis des générations pardi ! Et malheur à celui qui s’en écarterait car le malheur risquerait de s’abattre sur la famille entière !  

Pour Aster, c’est révoltant. Au fond de son coeur, il s’est qu’il ne pourra jamais s’épanouir dans le rôle que lui ordonne sa famille. Ce n’est pas lui. Mais que faire ? Chercher à être heureux et en accord avec lui-même mais en blessant sa famille ? Ou renoncer par amour des siens ? Un dilemme déchirant. 

Je ne vous dirait pas comment se termine l’histoire, sinon quel intérêt de le lire ? Vous pourrez si vous le souhaitez en découvrir ma critique ICI. Kinaye est un éditeur méritant vraiment à être plus mis en avant. 

 La psychogénéalogie 

Passons outre les grands auteurs ayant amené à ce courant, cela ne vous apporterait pas de pistes de réflexions concrètes. Pour faire simple, la psychogénéalogie étudie l’ensemble des règles, tabous, rôles et obligations qui existent au sein d’une famille sans forcément être nommés, mais qui sont transmises de générations en générations comme une trame à suivre. Chaque individu donc, est le réceptacle durant son éducation d’un certains nombres d’injonctions transmises par ses parents, ses grands-parents, ses arrières grands parents. Si nous avons à l’idée en premier lieu que cela concerne nos valeurs et notre patrimoine familiale, se trouvent également dans ce « package » des dettes, c’est à dire des choses que les générations d’avant n’ont pu pour x raisons réaliser et qu’il faut venir réparer, mais également des missions de vie ayant plus rapport avec l’histoire familiale, qu’avec nos aspirations profondes personnelles.  

 Le poids de la tradition 

Ces transmissions peuvent-être soit intergénérationnelles (c’est à dire entre deux générations qui se côtoient) et alors elles sont conscientes et clairement établies, soit elles sont transgénérationnelles (découlant de générations en générations) et alors son action est plus sous-tendu, caché, en rapport avec une « tâche inachevée ». 

Dans la famille d’Aster, la transmission de génération en génération de la mission de vie est claire : un garçon se doit de protéger son clan en devenant métamorphe, une fille de devenir une sorcière guérisseuse. La réponse pour laquelle il n’est pas possible de faire le choix inverse n’est pas nommée. Il fait référence à un secret de famille qui sous-tend la règle sans jamais en donner la raison. Lorsque ce secret est nommé, difficile alors de s’en extraire : comment décevoir le combat des générations d’avant, comment leur infligé inquiétude et souffrances ? Impossible pour le sujet au prise avec ses identifications et ses sentiments de penser qu’il peut en résulter autre chose ! 

Reprenons l’exemple d’Aster. Lorsqu’il apprend ce secret, il se sent désemparé et profondément meurtri. Comment quelques choses qui l’habite avec autant de force et fait battre son coeur si fort pourrait-être mauvais pour la communauté ? Après tout, il est quelqu’un de bon, jamais il ne pourrait faire de mal à qui que ce soit ! Être identifié et jugé comme forcément porteur de malheurs pour les siens en poursuivant ses rêves est une profonde injustice … 

 L’adolescence, l’âge où on rejette la tradition sans pour autant s’en extirper 

Pour qu’une transmission puisse être transmise d’une génération à une autre, il faut qu’il y ait identification. L’identification, c’est un processus par lequel une personne assimile un certain nombre de propriétés ou d’attributs transmis par quelqu’un et se transforme pour en épouser le modèle. Quand nous sommes enfants, nous prenons pour modèles les adultes qui nous entourent et nous adoptons leur façon de parler, leurs comportements, leurs valeurs. On s’est identifié à eux. C’est l’amour pour ces modèles qui nous pousse à nous y identifier fortement. Puis vient l’adolescence, cette période lourdes de sens et d’enjeux (auquel je consacrerais bientôt un article plus fournis en idées lectures). Lorsque nous tombons dans l’adolescence (ou plutôt quand elle nous tombe dessus avec force et violence), nous nous mettons à remettre en question ces identifications. Parfois même nous voulons alors prendre le contre pied de ce que nos anciens nous ont inculqués. Ainsi on se mets à faire le tri entre ce que nous souhaitons garder de notre éducation, et ce que nous estimons bons pour la poubelle. Cependant c’est plus facile à dire qu’à faire. En règle générale, nous n’arrivons pas à nous en affranchir totalement : ce vieux coffre remplis de ce que nous avons rejeté reste à la cave, refoulé, mais irradiant toujours un peu, en sourdine. 

 Des solutions pour couper les chaînes sans pour autant blesser les siens 

Comme je vous le disait plus haut, la fatalité, ça n’existe pas. Il est possible de réussir à s’affranchir du poids des transmissions. Tout d’abord, il faut pouvoir prendre du recul sur l’histoire de sa famille sur plusieurs générations : à quels enjeux les générations précédentes ont dû faire face ? Quels sont leurs regrets ? Quels espoirs placent-ils en ceux d’après ? Difficile parfois de trouver ces réponses seul. Il faut dire que certains aspects sont enterrés bien profond, tabous depuis bien longtemps ! C’est là où un psychologue peut vous aider à faire le tri, à vous poser les bonnes questions, et certains vous proposerons même plusieurs outils : génosociogramme, constellations familiales … les pistes existent pour prendre conscience des enjeux qui ont guidé votre vie et vous permettre d’en parler plus librement pour vous en extraire en douceur, sans culpabilité et sans avoir l’impression de « trahir » les siens. 

Parfois la prise de conscience d’un héritage transgénérationnel suffit à se sentir libéré d’une difficulté, parfois il faut approfondir un peu le travail et entamer un dialogue profond avec ces anciens dont on se sent redevables ou exerçant une emprise. Mais encore une fois, les psychologues ne sont pas vos ennemis et ne feront pas que hocher la tête en consultation, ils peuvent vous accompagner sur votre chemin et vous faire prendre conscience que vous avez en vous tout un potentiel à faire émerger si tant est que vous en preniez conscience. 

 

Bien à vous, 

 

Maéva 

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