Charlton comics

Il y a des éditeurs de comics aujourd’hui disparus et totalement oubliés qui ont pourtant eu une certaines importance dans la création d’univers ou personnages aujourd’hui très populaires. L’éditeur dont je vais vous parler fait partie de ceux là. Il s’agit de Charlton Comics qui à la base, était une société d’impression de magazines ou journaux en tout genres appelée Charlton Publications créée en 1940 par John Santangelo et Edward Levy.

Les comics pour ne pas perdre d'argent.

 

C’est l’essor des comics book qui les a décidé à se lancer dans le filon promettant de jolis bénéfices tout en limitant les dépenses.

Charlton avait un problème majeur : chaque fin de journée les lignes d’impression devaient être coupée et rallumées le lendemain matin et ça coûtait une véritable fortune à l’entreprise. Se lancer dans le comics permettait de faire tourner les lignes continuellement et ainsi éviter ces frais. Ce parti pris ne vous paraît probablement pas très important mais cela va l'être pour la suite.

 

Charlton Comics était un éditeur à part dans le secteur du comics puisque c’était le seul à maitriser chaque étape de fabrication d’un comic book, de l’écriture des scénarios à l’impression en passant par la distribution, alors que les autres s’occupaient du récit et des dessins et sous traitaient tout le reste. Tout provenait  de l’usine basée à Derby dans le Connecticut. Les installations ressemblaient d’ailleurs plus à une usine lambda plutôt qu’à une maison d’édition.

 

Quel contrôle qualité ???

L’organisation particulière de la société permettait notamment à l’éditeur de n’avoir aucun compte à rendre (à part au lecteur bien entendu) en cas de mauvaise qualité. Les contrôles qualité étaient d’ailleurs très rares à l’époque. Même en cas de ventes catastrophiques, la fabrication de comics à perte leur coutait de toute façon moins cher que de couper et rallumer les machines ! La qualité du papier utilisé était un autre problème puisqu’il était de très mauvaise qualité et ne changeait pas en fonction des titres imprimés. Les plaques d’impression n’étaient jamais vérifiées et des traces d’usures s’invitaient régulièrement sur les comics, pire encore, les lignes d’impression n’étant pas protégées, des gouttes d’encre sautaient régulièrement d’une ligne à l’autre provoquant de belles tâches sur le papier. 

En gros toute la chaîne de production était un foutoir sans nom sans que cela n’alerte personnes. De  telles pratiques seraient impensables aujourd’hui !

Conscients de ce manque de vérifications, les auteurs ne se foulaient pas vraiment et créaient souvent des récits sans conviction, ajoutant régulièrement des pages totalement inutiles dans le simple but d’être un peu mieux payés.

Une réussite en dents de scie.

La réussite de l’éditeur a été très fluctuante, suivant très logiquement les goûts des lecteurs. Après la seconde guerre mondiale, lorsque les comics de super héros ont baissé ils ont suivi le rythme proposant des titres horrifiques alors beaucoup plus populaires. Leur titre Horrifique phare « The Thing », était d’ailleurs écrit par un certain Steve Ditko qui venait de quitter Marvel pour cause de contrôle excessif de son travail. Et ce n’est pas le seul auteur à avoir été attiré par le manque de contrôle de l’éditeur.

 

Charlton Comics a connu une jolie progression dans les années 70 avec l’afflux de nouveaux talents dans l’industrie qui voyaient alors une opportunité de travail facile, bien que le salaire ne soit pas terrible. La maison d’édition a été un tremplin pour de nombreux artistes : Dick Giordano, Jim Aparo Franck McLaughlin, John Byrne, Joe Staton et Wayne Howard.

Lorsque les super héros ont repris du poil de la bête la société a logiquement voulu suivre le mouvement aidée par Dick Giordano et Steve Ditko  et ont connu un succès encourageant bien que limité à cause de la qualité médiocre des impressions qui étaient très largement en dessous de celles proposées par Marvel et DC.

 

Romance et licences.

Si une note devait être donnée à l’ensemble des production de Charlton Comics, elle serait assez calamiteuse à cause d’un certain manque d’humour, d’originalité et surtout de contrôle qualité. Néanmoins l’éditeur pouvait également compter sur les nombreuses licences vendues pour la télé ou le cinéma ainsi que sur les récits romantiques destinées aux jeunes femmes qui en raffolaient littéralement. Ces récits étaient considérés comme permis les meilleurs  du genre et ce malgré la qualité lamentable et du papier tellement mauvais que beaucoup étaient tentés de le comparer à du PQ. La production de ces récits était massive et résultait majoritairement de rachats à des concurrents en faillite et étaient souvent publiés en boucle avec seulement quelques changements.

 

DC fait ses courses.

Même si l’éditeur n’a jamais vraiment fais d’étincelles, il n’en est pas moins à l’origine  de certaines des séries ou personnages parmi les plus populaires du catalogue DC.

L’éditeur a racheté une poignée de personnages à la maison d’édition de Derby et notamment les Watchmens, un groupe de personnage ayant connu un petit succès.

Lorsqu’Alan Moore a découvert ces personnages il s’est attelé à l’écriture d’une mini série les mettant en scène mais DC balaya la proposition, refusant que certaines de ses acquisitions ne meurent. L’auteur a donc modifié les personnages et c’est ainsi  que le « Capitaine Atom » est devenu le « Dr Manathan », la « Question » est devenu Rorschach » etc. C’est ainsi que son nés les Watchmen  aujourd’hui adulés par de nombreux fans de comics de par le monde.

C’est lors de « Crisis on Infinite Earth » que les autres personnages fraîchement achetés ont fait leur apparition dans les productions de DC Comics, venant officiellement de la Terre-4 ( Captain Atom, Blue Beetle, Nightshade, Peacemaker, Judomaster, Thunderbolt et la Question).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1985 Charlton Comics ferme ses portes, victime de son manque de rigueur et de ventes catastrophiques.

 

En 1996, Roger Broughton, propriétaire de Sword in Stone Productions achète le reste du catalogue de Charlton Comics en plus des titres d’ACG. En 2002 il change le nom de son entreprise en « Charlton Media Group » et annonce la relance des différents titres et univers dont il est maintenant le propriétaire , mais à part quelques  réimpressions de vieux titres, rien de nouveau n’est produit.

 

Finalement la plupart des succès de Charlton sont des titres qu’ils ont acheté puis transformé (Blue Beetle a connu trois changements de propriétaires avant d’arriver chez Charlton, d’être modifié puis revendu à DC).

Beaucoup de leurs anciens héros font aujourd’hui leur petite vie dans le catalogue de DC, empêchant Charlton de disparaître définitivement du paysage du comics.

 

J’espère que vous avez autant aimé cet article que j’ai eu de plaisir à le préparer et vous donne rdv pour la découverte d’autres éditeur disparus.

Thomas.

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